Planification successorale pour PME au Québec

Nos fiscalistes structurent le transfert de votre entreprise à la relève familiale : fiducies discrétionnaires, gel d'actions, règle des 21 ans, assurance vie corporative et fractionnement du revenu.

Structurer le transfert de l'entreprise à la génération suivante dans un cadre fiscal cohérent

La planification successorale d'une PME dépasse la rédaction d'un testament. Elle vise à organiser le transfert de la valeur accumulée dans l'entreprise – vers la relève familiale, des fiducies ou des tiers – en minimisant le fardeau fiscal au moment du transfert et au décès de l'actionnaire fondateur. Les mécanismes utilisés – fiducies familiales discrétionnaires, gel d'actions, assurance vie corporative, fractionnement du revenu – s'imbriquent dans un ensemble dont chaque élément doit être coordonné avec les autres. Nos fiscalistes accompagnent les actionnaires de PME québécoises et canadiennes dans la conception et la mise en œuvre de ces structures, en coordination avec nos avocats, qui rédigent les actes de fiducie et les conventions entre actionnaires, et nos CPA, qui assurent la conformité comptable et la production des déclarations requises. 

Notre pratique

Fiducies familiales discrétionnaires

La fiducie familiale discrétionnaire est l'un des outils centraux de la planification successorale des PME. Elle permet de détenir des actions de la société au bénéfice de plusieurs membres de la famille, de distribuer les revenus et les gains en capital de manière flexible entre les bénéficiaires et de faciliter le transfert progressif de la propriété à la relève. Nos fiscalistes analysent la pertinence de la fiducie au regard de la situation familiale et patrimoniale de l'actionnaire : nombre de bénéficiaires potentiels, âge et implication des enfants dans l'entreprise, présence d'un conjoint, existence d'autres actifs personnels. Nous déterminons les catégories d'actions à attribuer à la fiducie – généralement des actions ordinaires à valeur nominale émises après un gel – et conseillons l'actionnaire sur les pouvoirs à accorder aux fiduciaires, les conditions de distribution et les mécanismes de protection en cas de séparation ou de décès d'un bénéficiaire. Nos avocats rédigent l'acte de fiducie en concordance avec la planification fiscale retenue.

Règle des 21 ans et planification de la disposition réputée

Toute fiducie est réputée disposer de ses biens à leur juste valeur marchande à chaque 21e anniversaire de sa création. Cette disposition réputée peut entraîner un gain en capital imposable significatif si la valeur des actions détenues par la fiducie a augmenté depuis le gel. Nos fiscalistes planifient cette échéance bien en amont, en modélisant les incidences fiscales de la disposition réputée et en évaluant les options disponibles : distribution des actions aux bénéficiaires avant la date anniversaire (roulement en vertu du paragraphe 107(2)), nouveau gel suivi de la création d'une fiducie de remplacement, disposition et utilisation de la déduction pour gains en capital si les actions sont admissibles. Le choix de la stratégie dépend de l'âge des bénéficiaires, de leur capacité à détenir les actions directement, de la situation de la société et de la planification globale de l'actionnaire. Nous établissons un calendrier de suivi afin que l'échéance ne soit jamais oubliée.

Transfert intergénérationnel d'entreprise

Les règles de transfert intergénérationnel d'entreprise, issues initialement du projet de loi C-208 et modifiées par les dispositions subséquentes, permettent dans certaines conditions de transférer les actions d'une société admissible à un enfant ou à un petit-enfant majeur par l'intermédiaire d'une société qu'il contrôle, tout en bénéficiant du traitement fiscal applicable aux gains en capital plutôt que du traitement de dividende réputé qui s'appliquerait autrement en vertu de l'article 84.1. L'admissibilité à ces règles est assujettie à des conditions strictes relatives à la nature de l'entreprise, au degré de participation de l'enfant, à la durée de la transition et à la forme de la transaction. Nos fiscalistes analysent l'admissibilité de chaque situation, structurent la transaction en conformité avec les exigences législatives et documentent les étapes requises. La complexité de ces règles et les risques de requalification par les autorités fiscales rendent l'accompagnement spécialisé particulièrement pertinent dans ce contexte.

Assurance vie corporative

L'assurance vie détenue par la société constitue un outil de financement du transfert successoral et de compensation de l'impôt au décès. Le produit d'assurance reçu par la société au décès de l'actionnaire est généralement exonéré d'impôt et crédité au compte de dividendes en capital, ce qui permet de verser un dividende libre d'impôt aux actionnaires survivants ou à la succession. Ce mécanisme peut être utilisé pour financer le rachat des actions de l'actionnaire décédé par la société, pour compenser l'impôt déclenché par la disposition réputée au décès ou pour fournir les liquidités nécessaires au règlement de la succession sans affecter les opérations de l'entreprise. Nos fiscalistes évaluent le montant de couverture approprié en fonction de la valeur de l'entreprise, du passif fiscal estimé au décès et des besoins de liquidités de la succession. Nous coordonnons cette analyse avec les conseillers en assurance du client et veillons à ce que la structure de détention de la police – société opérante, société de portefeuille ou fiducie – soit cohérente avec la planification successorale globale.

Fractionnement du revenu et règles sur le revenu fractionné

La distribution de dividendes à des membres de la famille par l'intermédiaire de la société ou de la fiducie familiale est encadrée par les règles sur le revenu fractionné (article 120.4 de la Loi de l'impôt sur le revenu), communément désignées sous le nom d'impôt sur le revenu fractionné. Ces règles limitent la capacité de verser des dividendes ou de réaliser des gains en capital imposés à un taux préférentiel en faveur de membres de la famille qui ne participent pas activement à l'entreprise. Nos fiscalistes analysent l'admissibilité de chaque bénéficiaire aux exceptions prévues par la loi – participation active, âge, type de revenu – et structurent les distributions de manière à respecter les limites applicables. Cette analyse est révisée périodiquement, car l'admissibilité de chaque bénéficiaire peut évoluer d'une année à l'autre en fonction de son degré d'implication dans l'entreprise.

Planification au décès et roulement au conjoint

Au décès de l'actionnaire, la loi prévoit une disposition réputée de l'ensemble de ses biens à leur juste valeur marchande, ce qui peut entraîner un gain en capital significatif sur les actions de la société. Un roulement au conjoint survivant en vertu du paragraphe 70(6) permet de reporter cette imposition, mais ce report n'est pas toujours la stratégie optimale : il peut concentrer un passif fiscal plus important dans la succession du conjoint survivant. Nos fiscalistes modélisent les scénarios au décès – roulement au conjoint, disposition réputée avec utilisation de la déduction pour gains en capital, combinaison des deux – et recommandent l'approche qui minimise le fardeau fiscal global de la famille. Nous coordonnons cette analyse avec les notaires et les planificateurs financiers du client pour assurer la cohérence entre le testament, les désignations de bénéficiaires des polices d'assurance et la planification fiscale.

Contextes d'intervention

Nos fiscalistes interviennent lorsqu'un actionnaire fondateur amorce une réflexion sur la relève et souhaite structurer le transfert de son entreprise à ses enfants ou à des fiducies familiales. Nous accompagnons les actionnaires qui détiennent une fiducie dont le 21e anniversaire approche et qui doivent planifier la disposition réputée. Nous assistons les familles dont l'un des enfants est actif dans l'entreprise et les autres non, et qui doivent concevoir une structure équitable tenant compte des règles sur le revenu fractionné. Nous intervenons également lors du décès d'un actionnaire, pour accompagner la succession et les actionnaires survivants dans le traitement fiscal de la transition.

Notre approche

La planification successorale implique des décisions qui engagent la famille et l'entreprise sur plusieurs décennies. Notre approche commence par une compréhension approfondie de la situation patrimoniale de l'actionnaire, de ses objectifs pour la relève et de la dynamique familiale. Nos fiscalistes préparent une modélisation des scénarios de transfert, qui quantifie les incidences fiscales pour chaque partie prenante. Les recommandations sont formulées en coordination avec nos avocats – qui rédigent les actes de fiducie, les conventions entre actionnaires et les testaments corporatifs – et nos CPA – qui assurent la conformité comptable et la production des déclarations et des choix fiscaux. Lorsque la situation l'exige, nous collaborons avec les notaires, les planificateurs financiers et les conseillers en assurance du client.

Pourquoi Les Bâtisseurs

La planification successorale d'une PME fait intervenir simultanément la fiscalité, le droit corporatif, le droit des fiducies et la comptabilité. Chez Les Bâtisseurs, nos fiscalistes, nos avocats et nos CPA travaillent au sein d'un même cabinet, ce qui permet de concevoir la planification fiscale, de la documenter juridiquement et d'en assurer le suivi comptable dans un processus coordonné. Cette intégration est particulièrement utile pour les familles entrepreneuriales dont les enjeux fiscaux, juridiques et financiers sont étroitement liés.

Contactez Les Bâtisseurs pour discuter de la planification successorale de votre entreprise avec un fiscaliste.

Note : Ce contenu de nature générale est fourni à titre informatif et ne constitue pas un avis ou conseil juridique, fiscal ou comptable.

FAQ

Quand est-il encore pertinent de mettre en place une fiducie familiale dans une PME établie? 

L'efficacité d'une fiducie familiale diminue lorsque la valeur de la société est déjà élevée, car les actions ordinaires que la fiducie est censée recevoir disposent alors d'une marge de croissance plus limitée. La combinaison d'un gel successoral et d'une fiducie familiale reste toutefois pertinente pour protéger les acquis de l'actionnaire tout en permettant à la prochaine génération de bénéficier de la plus-value future. Nos fiscalistes modélisent les incidences selon différents scénarios pour évaluer la pertinence de la structure et le calendrier optimal d'implantation.

Que se passe-t-il si la règle des 21 ans applicable à une fiducie n'est pas planifiée à l'avance? 

La loi présume que la fiducie dispose de ses biens à leur juste valeur marchande au 21e anniversaire de sa création, ce qui peut entraîner un gain en capital imposable significatif si la valeur des actions a augmenté depuis le gel. Si cette échéance est atteinte sans planification, les options disponibles sont beaucoup plus limitées et généralement plus coûteuses. Nos fiscalistes établissent un calendrier de suivi de l'anniversaire pour leurs clients et les alertent suffisamment à l'avance pour permettre la mise en œuvre des stratégies disponibles, notamment la distribution des actions aux bénéficiaires admissibles.

Les règles de transfert intergénérationnel d'entreprise s'appliquent-elles à toutes les ventes d'actions à un enfant? 

Non. Ces règles s'appliquent sous réserve de conditions strictes relatives à la nature des activités de la société, au degré de participation active de l'enfant dans l'entreprise, à la durée de la transition et aux obligations post-transaction. L'admissibilité doit être analysée au cas par cas, car leur non-respect peut entraîner la requalification du gain en dividende réputé, avec des conséquences fiscales significatives pour les parties. Nos fiscalistes vérifient l'admissibilité avant de structurer ce type de transaction et documentent rigoureusement les étapes requises.

Le roulement au conjoint au décès est-il toujours la stratégie fiscale optimale? 

Pas nécessairement. Le roulement au conjoint reporte l'imposition mais peut concentrer un passif fiscal plus important dans la succession du conjoint survivant, notamment si la valeur des actions continue de croître. Dans certaines situations, une disposition partielle permettant d'utiliser la déduction pour gains en capital disponible peut être préférable. La stratégie optimale dépend de l'âge des conjoints, de leur situation patrimoniale respective et des objectifs pour la relève; nos fiscalistes modélisent les incidences des différents scénarios avant de formuler une recommandation.

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