
L'achat ou la vente d'une entreprise est l'une des décisions les plus déterminantes pour un dirigeant de PME. La structure retenue – achat d'actifs ou achat d'actions, recours à des roulements, traitement du fonds commercial et allocation du prix d'achat – influe directement sur le fardeau fiscal des parties, sur le financement de la transaction et sur la situation fiscale de l'entreprise pour les années qui suivent. Nos fiscalistes accompagnent les acheteurs et les vendeurs de PME québécoises et canadiennes dans l'analyse, la structuration et l'exécution fiscale de leurs transactions. Cette pratique s'inscrit dans un accompagnement intégré avec nos avocats, qui rédigent et négocient la convention d'achat-vente, et nos CPA, qui effectuent la vérification diligente (« due diligence ») financière et assurent l'intégration comptable après la clôture.
La première question fiscale dans toute transaction de PME est le choix entre l'achat d'actifs et l'achat d'actions. L'achat d'actifs permet généralement à l'acquéreur de bénéficier d'une majoration de la base fiscale des biens acquis, ce qui accroît les déductions pour amortissement futures, mais il peut entraîner une double imposition pour le vendeur dont l'entreprise est exploitée par une société. L'achat d'actions préserve les attributs fiscaux de la société cible, tels que les pertes reportées, les soldes de déduction pour amortissement, et le compte de dividendes en capital, mais n'offre pas de majoration de la base fiscale des actifs sous-jacents. Nos fiscalistes modélisent les deux scénarios en tenant compte des taux d'imposition applicables, de l'admissibilité à la déduction pour gains en capital sur actions admissibles de sociétés exploitant une petite entreprise et des conséquences pour chacune des parties. Nous analysons également les structures hybrides qui combinent des éléments des deux approches.
Lorsque la structure de la transaction le permet, nos fiscalistes mettent en œuvre les mécanismes de report d'impôt prévus par la loi. Le roulement en vertu de l'article 85 permet le transfert d'actifs admissibles à une société sans déclenchement immédiat de gain en capital, sous réserve du respect de conditions techniques précises. Le roulement en vertu de l'article 86 s'applique dans le cadre de réorganisations du capital-actions, notamment lors d'un gel précédant la vente. Nous coordonnons la préparation des formulaires de choix fiscal avec nos CPA et veillons à ce que la documentation corporative préparée par nos avocats reflète les paramètres retenus dans la planification fiscale.
Dans une transaction d'achat d'actifs, l'allocation du prix entre les différentes catégories de biens, notamment les terrains, bâtiments, équipements, inventaire, achalandage, et les engagements de non-concurrence, détermine le traitement fiscal futur pour l'acheteur et les conséquences fiscales immédiates pour le vendeur. Nos fiscalistes négocient l'allocation du prix d'achat en tenant compte des taux de déduction pour amortissement applicables à chaque catégorie, du traitement de la récupération d'amortissement pour le vendeur et des incidences en matière de TPS/TVQ. L'allocation retenue est documentée dans la convention d'achat-vente et, le cas échéant, dans un choix conjoint produit auprès des autorités fiscales.
Le mode de paiement de la transaction comporte ses propres incidences fiscales. Un solde de prix de vente peut permettre au vendeur d'utiliser la provision pour gains en capital et de reporter l'imposition sur plusieurs années. Un complément de prix (« earn-out ») conditionnel à la performance future de l'entreprise soulève des questions de qualification – gain en capital ou revenu d'entreprise – et de moment d'imposition. Un entiercement (« escrow ») retenu pour couvrir les indemnités possibles doit être traité de manière cohérente sur le plan fiscal et comptable. Nos fiscalistes analysent chaque composante du prix pour en déterminer le traitement fiscal optimal et en documenter les conséquences dans les clauses de la convention.
Il est fréquent qu'une PME doive être réorganisée avant la clôture de la transaction : séparation des actifs d'exploitation et des actifs hors exploitation, purification de la société en vue de la déduction pour gains en capital, mise en place d'une société de gestion pour l'actionnaire vendeur, cristallisation de l'exonération cumulative. Nos fiscalistes conçoivent la séquence d'opérations pré-transactionnelles, en évaluent les incidences et en coordonnent l'exécution avec nos avocats, qui préparent les résolutions, les modifications au capital-actions et les transferts, et nos CPA – qui assurent la conformité comptable et la production des choix fiscaux requis.
Après la clôture, l'acquéreur doit intégrer la société acquise dans sa structure fiscale existante : choix de fin d'exercice, consolidation des déclarations fiscales, utilisation des attributs fiscaux acquis, traitement des ajustements post-clôture prévus dans la convention, production des formulaires de choix conjoints dans les délais prescrits. Nos fiscalistes accompagnent l'acquéreur dans cette phase en coordination avec nos CPA, qui assurent l'intégration des systèmes comptables et la production des déclarations.
Nos fiscalistes interviennent lorsqu'un actionnaire fondateur envisage la vente de son entreprise et souhaite maximiser le produit net après impôt. Nous accompagnons les repreneurs et les acquéreurs en série qui évaluent la structure d'achat la plus avantageuse, en tenant compte de leur situation fiscale existante et de leurs projets de croissance. Nous assistons les PME qui procèdent à un transfert intergénérationnel structuré comme une transaction interne, ainsi que les entreprises qui accueillent un fonds d'investissement ou un partenaire financier. Nous intervenons également auprès des dirigeants qui souhaitent effectuer une réorganisation pré-transactionnelle plusieurs mois avant la mise en marché de l'entreprise.
Notre accompagnement débute généralement par une analyse de la structure existante et des objectifs des parties. Nous préparons une modélisation comparative des scénarios de transaction qui quantifie les incidences fiscales pour l'acheteur et le vendeur. Nos recommandations sont formulées en coordination avec nos avocats, qui participent à la négociation de la convention d'achat-vente, et nos CPA, qui valident les hypothèses financières et assurent la conformité comptable. Cette coordination interne permet de traiter simultanément les dimensions fiscales, juridiques et financières de la transaction.
Chez Les Bâtisseurs, la structuration fiscale d'une transaction n'est pas traitée isolément. Nos fiscalistes, nos avocats et nos CPA travaillent au sein d'un même cabinet, ce qui permet d'aligner la planification fiscale, la rédaction juridique et l'exécution comptable sans délai de coordination entre intervenants distincts. Cette intégration est particulièrement utile dans les transactions de PME, où les échéances sont serrées et où les enjeux fiscaux, juridiques et financiers sont étroitement liés.
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Note : Ce contenu de nature générale est fourni à titre informatif et ne constitue pas un avis ou conseil juridique, fiscal ou comptable.
L'achat d'actifs permet à l'acquéreur de majorer la base fiscale des biens acquis et d'augmenter ses déductions pour amortissement futures, mais il peut être moins fiscalement avantageux pour un vendeur qui opère par l'intermédiaire d'une société. L'achat d'actions préserve les attributs fiscaux de la société cible, comme les pertes reportées et les soldes de déduction pour amortissement, sans offrir de majoration de la base des actifs sous-jacents. Le choix optimal tient compte des taux d'imposition applicables à chacune des parties, de l'admissibilité à la déduction pour gains en capital et des objectifs à court terme de l'acquéreur, et doit ultimement se refléter dans le prix de la transaction.
L'intervention fiscale est idéalement amorcée dès la lettre d'intention, car les paramètres structurels fixés à cette étape influencent directement les modalités fiscales de la transaction. Un fiscaliste qui intervient seulement lors de la rédaction de la convention dispose d'une marge de manœuvre réduite pour remettre en question les éléments déjà négociés. Nos fiscalistes recommandent d'être consultés dès l'analyse de l'opportunité d'acquisition ou de vente pour structurer la transaction de façon avantageuse dès le départ.
Un complément de prix conditionnel à la performance future de l'entreprise soulève des questions de qualification fiscale, selon que le montant est traité comme un gain en capital ou comme un revenu d'entreprise pour le vendeur, et des questions de moment d'imposition. Le traitement fiscal dépend de la structure exacte de la clause et du maintien d'un lien entre le vendeur et la société après la clôture. Cette analyse doit être effectuée avant la rédaction de la convention pour que les paramètres du complément de prix soient fixés en pleine connaissance des conséquences fiscales.
Une réorganisation pré-transactionnelle peut permettre de purifier la société pour rendre ses actions admissibles à la déduction pour gains en capital, de cristalliser l'exonération cumulative disponible ou de séparer les actifs d'exploitation des actifs hors exploitation. Ces opérations requièrent dans certains cas un délai d'exécution de plusieurs mois avant la clôture. Nos fiscalistes évaluent les options disponibles en fonction de la situation de la société, du calendrier de la transaction et des objectifs fiscaux du vendeur.