
L'acquisition, la détention et la disposition d'immeubles à revenus soulèvent des enjeux fiscaux distincts à chaque étape du cycle d'investissement. Le choix de la structure de détention, le traitement fiscal de la transaction d'achat, la conformité en matière de TPS/TVQ et la planification de la sortie constituent autant de variables qui influencent le rendement après impôt d'un portefeuille immobilier. Notre équipe de fiscalistes accompagne les investisseurs immobiliers au Québec dans l'analyse et la coordination de ces enjeux, en collaboration avec nos avocats et nos CPA.
Le premier choix structurant d'une transaction immobilière concerne la forme de l'acquisition : achat d'actifs ou achat d'actions (ou de parts de société de personnes). Chaque avenue entraîne des conséquences fiscales différentes pour l'acquéreur et le vendeur.
Cette avenue permet à l'acquéreur d'obtenir un coût fiscal majoré sur les biens acquis, ce qui augmente les déductions pour amortissement futures. L'allocation du prix d'achat entre le terrain, le bâtiment, l'équipement et l'achalandage, le cas échéant, doit être négociée et documentée avec précision, puisqu'elle détermine les taux d'amortissement applicables.
Cette structure préserve la continuité fiscale de l'entité cible. L'acquéreur hérite du coût fiscal historique des actifs, mais évite dans certains cas les droits de mutation immobilière et peut se prévaloir de roulements prévus aux articles 85 ou 97 de la Loi de l'impôt sur le revenu.
Selon les circonstances, des choix conjoints (article 85, article 97) permettent de reporter l'imposition lors du transfert de biens à une société ou à une société de personnes. Notre équipe prépare et produit ces formulaires dans le cadre de la transaction.
Les transactions immobilières comportent des enjeux importants en matière de TPS/TVQ. Selon la nature du bien (immeuble résidentiel neuf, immeuble commercial, terrain vacant), la fourniture peut être taxable, exonérée ou détaxée.
Dans plusieurs transactions entre inscrits, l'acquéreur doit s'autocotiser la TPS/TVQ plutôt que de la verser au vendeur. Le défaut d'autocotisation peut entraîner des pénalités et des intérêts.
Lorsqu'une transaction porte sur plusieurs éléments (terrain, bâtiment, équipement, bail), la qualification de la fourniture comme unique ou multiple détermine le traitement fiscal applicable.
L'admissibilité aux crédits de taxe sur les intrants et aux remboursements de taxe sur les intrants dépend de l'utilisation prévue du bien dans le cadre d'activités commerciales. Notre équipe analyse l'admissibilité et prépare les réclamations.
Avant de conclure une acquisition, la vérification diligente (« due diligence ») fiscale permet de quantifier les passifs fiscaux potentiels de la cible et d'éclairer la négociation du prix et des clauses de protection.
Notre équipe procède à la revue des déclarations de revenus, des déclarations de TPS/TVQ, des retenues à la source et des avis de cotisation pour les exercices ouverts.
Nous analysons les positions adoptées par la cible, notamment en matière d'amortissement, de déductibilité des intérêts, de traitement des dépenses de réparation et d'entretien et de choix fiscaux antérieurs.
Nous préparons une matrice de risques classée par degré de probabilité et d'incidence financière, utilisée comme outil de négociation pour les clauses d'indemnité ou l'ajustement du prix.
Le choix du véhicule de détention influence la fiscalité courante (imposition des revenus locatifs, déductions pour amortissement, déductibilité des intérêts) ainsi que la fiscalité à la sortie (gain en capital, récupération d'amortissement).
Ce véhicule permet le report d'impôt sur les revenus non distribués, l'accès au compte de dividendes en capital et, dans certains cas, à la déduction pour petite entreprise. La disposition des actions peut donner lieu à un gain en capital admissible à l'exonération cumulative si les conditions de la société exploitant une petite entreprise (SEPE) (« QSBC ») sont remplies.
La SEC permet l'attribution directe des revenus, des pertes et des déductions aux commanditaires, ce qui peut s'avérer avantageux lorsque les investisseurs souhaitent utiliser les pertes fiscales dès les premières années. Les règles de « risque » limitent toutefois la déductibilité des pertes au montant à risque du commanditaire.
Ce véhicule est utilisé dans certaines structures de planification successorale ou de détention pour le compte de bénéficiaires multiples. La fiducie permet une répartition des revenus entre bénéficiaires, sous réserve des règles d'attribution.
Lorsqu'un investisseur non résident du Canada acquiert un immeuble au Québec, des obligations fiscales spécifiques s'appliquent.
Les loyers versés à un non-résident sont assujettis à une retenue de 25 % en vertu de la partie XIII de la Loi de l'impôt sur le revenu, réduite par convention fiscale, le cas échéant. Le non-résident peut choisir de produire une déclaration canadienne pour être imposé sur le revenu net plutôt que sur le revenu brut.
Lors de la disposition d'un bien immobilier par un non-résident, un certificat de l'Agence du revenu du Canada doit être obtenu, à défaut de quoi l'acquéreur est tenu de retenir et de remettre un pourcentage du prix d'achat.
L'analyse des articles pertinents de la convention applicable (revenus immobiliers, gains en capital, établissement stable) permet de déterminer le traitement fiscal dans les deux juridictions et d'atténuer la double imposition.
Notre équipe fiscale intervient dès la phase de structuration préacquisition et coordonne son travail avec nos avocats en droit corporatif immobilier et nos CPA. Cette intégration des compétences juridiques, fiscales et comptables sous un même toit permet d'aligner la structure corporative, la documentation transactionnelle et la planification fiscale dans un processus coordonné, du premier mémorandum fiscal jusqu'à la production des déclarations post-clôture.
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Note : Ce contenu de nature générale est fourni à titre informatif et ne constitue pas un avis ou conseil juridique, fiscal ou comptable.
L'achat d'actifs permet à l'acquéreur d'obtenir un coût fiscal majoré sur les biens acquis, ce qui augmente les déductions pour amortissement futures. L'achat d'actions préserve la continuité fiscale de la société cible : l'acquéreur hérite du coût fiscal historique des actifs, mais évite dans certains cas les droits de mutation immobilière et peut bénéficier de roulements prévus aux articles 85 ou 97 de la Loi de l'impôt sur le revenu. Le choix optimal dépend du profil fiscal des deux parties, de la composition des actifs de la cible et des objectifs de détention de l'acquéreur.
La société en commandite permet l'attribution directe des revenus, des pertes et des déductions aux associés, ce qui peut s'avérer avantageux lorsque les investisseurs souhaitent utiliser les pertes fiscales dès les premières années d'exploitation. La société par actions offre un report d'impôt sur les revenus non distribués et l'accès au compte de dividendes en capital. Le choix tient compte du nombre d'investisseurs, de leurs profils fiscaux respectifs, des objectifs de détention et de la planification successorale à long terme. Pour un investisseur institutionnel, un fonds, ou un développeur sophistiqué, la société en commandite est fréquemment la structure privilégiée.
L'autocotisation est un mécanisme par lequel l'acquéreur inscrit d'un immeuble commercial, plutôt que de verser la TPS/TVQ au vendeur, s'autocotise la taxe directement auprès de l'autorité fiscale. Ce mécanisme s'applique dans la plupart des transactions entre inscrits portant sur des fournitures taxables. Le défaut de s'autocotiser dans les délais prescrits peut entraîner des pénalités et des intérêts, même lorsque l'acquéreur aurait droit à un crédit de taxe sur les intrants compensatoire. L'analyse de l'obligation d'autocotisation fait partie de notre revue fiscale de chaque transaction.
Lors d'un achat d'actions ou de parts de société de personnes, l'acquéreur hérite de l'historique fiscal de l'entité cible, y compris ses passifs latents. La vérification diligente fiscale identifie les expositions potentielles (positions fiscales contestables, déclarations inexactes, CTI/RTI non admissibles, retenues à la source manquantes) et les quantifie dans une matrice de risques. Ces résultats servent de base à la négociation des clauses d'indemnité, des ajustements de prix et des conditions suspensives dans le contrat d'achat-vente. Elle est coordonnée avec la vérification diligente juridique et financière pour produire une évaluation intégrée de la cible.